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Isabelle Sivan
Autrice - Artiste
Rien n'est simple
Elle lui concédait sa présence une ou deux fois par an lors de rendez-vous auxquels docilement il se rendait. Leurs rencontres étaient aimables puisqu'elles se limitaient à un lieu, un temps qu'elle avait choisis et dont elle allait bientôt pouvoir s’échapper. Cela donnait des conversations sans passion, des questions qui n’attendaient pas de réponses, des silences qui s’étiraient suffisamment pour qu'il perçoive la pointe d’un ennui. Il ne fallait pas qu'il oublie. S'ils se
Enfance
Il avait une dent contre lui. Une dent de lait.
Seul dans son lit
On dit de lui qu’il est mort sans faire de bruit. Pourtant. seul dans son lit, il fut anéanti par le fracas d’un rideau de fer que l’on baisse avant la nuit.


A l'aube
A travers mes paupières, j’aperçois l’aube. Elle a à me montrer le fin liseré rouge qu’elle dessine au bord de la Terre. Le seul moment de la journée où l’horizon apparaît comme un fil que l’on pourrait tirer.
Papillons de nuit
A peine était-il mort, que j'ai vidé, rangé les bassines, les seaux et les verres encore pleins d'eau. J'avais peur qu'en prenant l'apparence d'un papillon de nuit, il se noie. Il fallait faire vite. Dans une même ronde, j'ai ouvert les fenêtres, attaché les volets, éparpillé les braises dans la cheminée. Puis je suis sortie. Dehors, une petite pluie brouillait la lumière du soir. C'est en bas, au fond du jardin, sous l'arbre de Judée, que je l'ai appelé. J'ai appelé pour que
Une robe noire
Une robe noire en toile de coton, épaisse, râpeuse. D’un noir indécis, délavé par le soleil, les lessives, les frottements, à la pointe des coudes surtout, presque bleue sur les cuisses, là où reposent les mains. Le haut ressemble à une chemise. Une échelle de boutons, tous fermés, grimpe jusqu’au col. Sous la toile, on devine des seins affaissés dont la rondeur se fond avec celle du ventre. À la bordure des poignets, sur les coutures, le tissu est ourlé d’un liseré blanc. On
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