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Rien n'est simple


Elle lui concédait sa présence une ou deux fois par an lors de rendez-vous auxquels docilement il se rendait.


Leurs rencontres étaient aimables puisqu'elles se limitaient à un lieu, un temps qu'elle avait choisis et dont elle allait bientôt pouvoir s’échapper.


Cela donnait des conversations sans passion, des questions qui n’attendaient pas de réponses, des silences qui s’étiraient suffisamment pour qu'il perçoive la pointe d’un ennui.


Il ne fallait pas qu'il oublie. S'ils se voyaient encore, c'était parce qu'elle ne pouvait pas faire autrement.


Elle en profitait incognito pour le blesser un peu, lui rappeler, par exemple, quelques histoires mal réglées, le repousser sans en avoir l’air. L'exercice était compliqué, car toujours, aux yeux des autres, elle avait le souci qu'on ne puisse la soupçonner d’un quelconque désamour.


Il n'ignorait pas que sa perfidie était la frange de jalousies qu'elle croyait savoir cacher. Mais plutôt que de dénoncer ses simagrées, il se contrefaisait en paroles à peine écoutées, en rires forcés.


Et ce petit manège continuerait à tourner aussi longtemps qu’elle trouverait quelque chose de rassurant à le voir espérer une amitié retrouvée.

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