top of page

La Terre

Dans cette grotte où j'aurais pu ne jamais entrer, j’ai laissé la pierre m’approcher, son étreinte se refermer sur moi, sans broncher.

De tout son poids, de toute sa force, elle m'a alors serrée. Et par un tout petit soubresaut, dans un chuintement continu à peine perceptible, j’ai perçu le mouvement de la Terre, senti sa vieille carcasse pivoter sur elle-même.

Jamais je n’avais encore mesuré toute la délicatesse qu’elle mettait à tourner pour nous ménager, nous préserver du vertige. Avec quel soin, elle nous emmitouflait pour nous protéger de la froideur de l’univers, nous épargner sa noirceur et toutes les peurs qui y traînaient. Une attention si délicate que le souffle de sa course n'était plus qu'une caresse, une brise dans nos cheveux, et qu'on finisse, elle, par l'oublier.

Posts récents

Voir tout
Aquarium

Un poisson tournait au milieu des algues vertes. De son aquarium, il regardait des bocaux de verre posés sur une étagère. Des continents qu'il croyait ouverts sur la mer. *Poésie improvisée sur musiqu

 
 
Insomnie

Attendre au fond de son lit le matin. Cinq heures. L’heure à laquelle on n’a plus peur de la nuit. Même si le jour n’est pas encore levé. Pour s’endormir.

 
 
bottom of page